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23.03.98
ULM Hydro: Découverte


Lors de notre périple estival, nous avons décidé d'essayer l'ULM hydro.


Pour cela, nous avions choisi la base de d'Aigrefeuille d'Aunis, située à 15 km de La Rochelle, et la seule en France à proposer une formation hydro sur la côte atlantique.

Installé depuis 3 ans dans un ancien hopital militaire, Erwann Le Hegarat a la chance de bénéficier de locaux particulièrement étendus. A proximité se trouve un petit terrain ULM, et l'on s'y rend... en roulant simplement sur la route, entre les bâtiments.

Erwann possède un très large expérience de l'hydro, particulièrement en Afrique, Guyane et Caraïbes où il a effectué pendant de nombreuses années des missions de lutte contre les criquets, d'épendage agricole, de démoustification, ou, par exemple, de comptage d'animaux dans les réserves du Tchad. L'ULM, dans bien des pays, est devenu un auxilliaire indispensable. Son faible coût d'exploitation, ses nuisances quasi inexistantes et sa facilité d'entretien sont appréciées, même par les écologistes.

Dans nombre de ces pays, les versions hydro sont régulièrement utilisées, les terrains étant rares, et l'eau omniprésente. L'ULM hydro offre donc, dans ces conditions, une meilleure sécurité.

Bien entendu, la base d'Aigrefeuille propose également toute la gamme des formations ULM, et peut, pour les hôtes de passage, proposer un logement "à la bonne franquette". Erwann fait également tous les travaux aériens habituels. Dans cette région, le tractage de banderolles et la photographie aérienne sont souvent utilisés. Pensez-y, Fort Boyard, La Rochelle, et bien d'autres destinations ne sont qu'à quelques minutes de vol. Un Baroudeur (terrestre) est également proposé en location.

L'ULM hydro que nous allons essayer est composé d'une coque centrale, et d'une partie volante de Weedhopper Europa II modifiée pour s'adapter sur la coque, le tout créé par Morosini avec une motorisation Rotax 912. Le train d'atterrissage est électrique, une solution plutôt surprenante pour l'utilisation en mer.

Comme tout appareil hydro, celui-ci correspond à un compromis: ce n'est ni un bon avion, ni un bon bateau, et il faut en tenir compte. Par exemple, malgré la motorisation 80 CV, on décolle à 90 km/h, on vole à 90 km/h, et l'on atterrit ou amerrit à 90 km/h. Impossible de varier ce paramètre. Le temps, lors de notre essai était idéal: presque pas de vent, mer parfaitement calme. Notre expérience de l'Europa II nous laissait penser qu'il serait relativement facile d'effectuer une transition sur le Morosini.

Si les manoeuvres à terre ne posent pas de difficulté particulière, il en va tout autrement sur la mer.

Même par mer très calme, amerrir et décoller demande une vigilance de tous les instants: la mer est utilisée par les bateaux et les baigneurs. Par définition, les bateaux on souvent une trajectoire convergeante avec la vôtre. Ils naviguent en effet poussés par le vent... alors que vous essayez de vous poser et de redécoller contre ce même vent. Et même à 50 mètre de hauteur, la tête d'un nageur n'est pas facilement repérable. Sans oublier, bien entendu, de rentrer le train d'atterrissage. Ces paramètres demandent nettement plus d'attention et de préparartion qu'un simple vol terrestre.

Par mer moins calme, le problème se complique: vous devrez amerrir entre deux vagues. Et donc, probablement avec le vent de travers. Par ailleurs, et contrairement à ce que l'on pense généralement, le vent n'est pas systématiquement perpendiculaire aux vagues. Le vol hydro demande donc non seulement une attention plus soutenue lors des manoeuvres dans l'eau, mais également de bonnes connaissances de l'aérologie maritime et de ses conséquences sur la mer.

Nos essais nous ont tout de même permis de voir La Rochelle, ainsi que ce coucher de soleil de la baie... et de comprendre que l'hydro, cela ne s'improvise pas, et que cela demande une formation sérieuse avant de tenter un solo.

De retour à la base, Erwann nous a confirmé que les pilotes hydro doivent en permanenve se remettre en question. Vous connaissez votre base habituelle, avez des points de repères usuels, savez comment prendre la piste, êtes habitué à son aérologie. Sur la mer, ces conditions sont en permanente mutation, et peuvent réellement changer en quelques minutes. L'oublier, c'est prendre des risques bien inutiles.

Avec 17 hydrosurfaces homologuées, la base d'Aigrefeuille est à même de vous fournir une formation sans monotonie.

Lorsqu'il s'y est installé, Erwann souhaitait apporter aux amateurs de l'Atlantique cette formation spécifique, et regrette que relativement peu de personnes, en France métropolitaine, profitent type de vol bien agréable, permettant d'allier la découverte des côtes avec la baignade, offrant une autre vision des îles, et de bien beaux paysages.

La législation est pourtant favorable aux ULM hydro, la mer relevant du domaine public. Cela signifie, en pratique, qu'un particulier peut amerrir en général où il le souhaite. Par contre, l'homologation d'une hydrosurface permanente demandera des contacts avec... une vingtaine administrations différente ! Courtelinesque. Et beaucoup plus complexe qu'en Polynésie, Martinique ou Gouadeloupe, par exemple.

CONCLUSIONS:

Nous avons beaucoup apprécié ces vols hydro, et y reviendrons certainement dès que possible. S'envoler avec son pique-nique, aller se baigner dans une crique déserte, et revenir en vol, c'est l'idéal pour l'été. Nous vous recommandons d'essayer.

Compte tenu des spécificités de l'hydro, il nous semblerait logique d'imposer un complément de formation spécifique à cette activité. Aujourd'hui, tout possesseur d'un brevet ULM peut acquérir un ULM hydro... et risquer de le perdre tout aussi rapidement. Quelques heures de formation supplémentaire assurent une meilleure protection de l'investissement, au même titre que l'on impose une formation spécifique pour le tractage de banderolles, par exemple.

La base d'Aigrefeuille est à proximité de nombreux sites intéressants à voir de l'air, ou de la mer. Elle forme également des instructeurs, et propose l'ensembles des travaux aériens.

Si vous souhaitez y résider, prenez rendez-vous à l'avance. Erwann et Annie vous attendent.

Contact:
Navy Air, Les Grands Champs, F-17290 Aigrefeuille.
Tél.: +33 5 46 35 13 95, fax +33 5 46 35 15 10

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