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L'autogyre reste, en France, le "parent pauvre" de l'ULM, avec une législation qui tarde beaucoup. Il est vraiment surprenant de constater que, si certains pays ont su comprendre et aider l'autogyre, la France, pays d'Europe le plus "peuplé" en ULM et en pilotes, les maintient encore dans une... zone grise. ![]() La législation actuelle est très simple: vous pouvez voler sur l'appareil que vous aurez impérativement construit vous même. Point ! En d'autres termes: même si vous n'avez aucune idée de ce qu'est un autogyre, que les plans sont quasi inexistants, et que seules quelques pièce détachées se trouvent dans le commerce, construisez-en un. Puis, pilotez-le... Eh, oui, puisque vous ne pouvez voler que sur l'appareil que vous avez construit, qui donc va vous apprendre ? Nous avons discuté de ceci avec M. Averso, ex mécanicien de l'aéronavale, lui-même constructeur et... examinateur. Depuis 1971, il a acquis environ 2'000 heures d'expérience et s'est tout simplement formé "sur le tas", tant pour la construction que pour le vol. Il fut, en France, le premier à construire un biplace, le premier à le doter d'un moteur moderne, et a de nombreuses réalisations à son actif. Disséqué, le problème de l'autogyre est très simple, alors qu'une très forte demande existe de la part du public: dès le moment où vous ne pouvez acheter un appareil en kit ou complet, aucune industrie ne peut exister, la majorité des amateurs n'ayant ni les connaissances, ni l'atelier nécessaire à la création d'un appareil sûr, répondant à des normes de sécurité et fabrication industrielles, ni, plus simplement, l'envie de se lancer dans des travaux approximatifs. S'il n'existe pas d'industrie, il ne peut exister de formation, les amateurs-constructeurs étant bien trop peu nombreux pour permettre à un instructeur d'en vivre. Conséquence: l'autogyre a plutôt mauvaise presse, en particulier à cause de quelques accidents récents. Si l'on lit ce qui précède, il est bien difficile d'espérer un ratio de sécurité élevé. Et pourtant... Et pourtant, chez nos voisins italiens par exemple, l'autogyre est un ULM très apprécié, et n'ayant pas plus d'accidents que les autres ULM. Seulement, là, l'amateur peut s'adresser à au moins un constructeur industriel reconnu, et se former correctement. Cette situation déplorable est en train de changer. La FFPLUM (Fédération Française d'ULM) a nommé 10 "examinateurs" agréés par le SFACT - dont M. Averso - et chargés de former les premiers instructeurs. Il convient de noter que, comme dans les autres catégories d'ULM, les accidents sont le plus souvent dûs à des fautes de pilotage, et plus rarement aux caractéristiques trop pointues de certains appareils. Il est amusant de constater que les pilotes d'autogyre, lorsqu'ils essaient un appareil multiaxes, considèrent son pilotage comme "difficile". Et que beaucoup de pilotes de pendulaires et de multiaxes, lorsqu'ils passent à l'autogyre, considèrent que ce type d'appareil est idéal pour la promenade, et offre une visibilté inconnue ailleurs. L'autogyre est donc relativement facile à piloter, mais, comme tout appareil aérien, demande à être bien connu et maîtrisé. Comme tout autre ULM, il convient d'être conscient des limites de l'appareil - son domaine de vol -, ce que seule une formation sérieuse peut apporter. Si cette forme d'ULM vous intéresse, et dans l'attente de la publication d'une législation adaptée, notre conseil est simple: prenez contact à la fois avec un club, et avec l'un des examinateurs. Tous seront à même de vous conseiller utilement. Et sachez qu'un italien vient a participé cette année au raid Europe Unie, couvrant près de 6'000 km avec son autogyre en survolant 10 pays. L'autogyre, cela peut aussi voyager, avec l'avantage de pouvoir se poser dans un mouchoir de poche. ![]() L'appareil biplace de M. Averso, ci-dessus, montre la voie: un côte-à-côte pour le début d'écolage, puis un appareil biplace en tandem pour parfaire la formation. Lorsqu'il seront (enfin) commercialisés, les autogyres, selon leurs option, mono ou biplaces, carénages ou non, etc., devraient être vendus dans la même fourchette de prix que les multiaxes, d'environ FRF 150'000 à 250'000. Contact: Averso Aviation, Rue des Jumeaux 14, F-31200 Toulouse. Tél +33 5 61 48 83 91, fax +33 5 61 48 46 55. Copyright ã ULM Europe 1997, 1998, all rights reserved worldwide
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