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23.03.98
EUROPE UNIE 1997 (Suite 3)

Par Giorgio Frank





La partie la plus excitante et interressante du raid débuta après le décollage du Danemark, à destination de l'Allemagne... avec 36 km de mer.

Pour la sécurité, le port du gilet de sauvetage est obligatoire. Ce gilet de sauvetage ne doit pas être le modèle utilisé pour les bateaux, car si vous vous retrouvez sous la mer, la cabine ne vous laisserait pas assez d'espace pour en sortir. La meilleure solution est d'acheter un gilet certifié pour les appareils commerciaux. Celui-ci ne doit être gonflé qu'après avoir quitté l'appareil, en tenant compte du fait que les bulles d'air dans l'eau peuvent vous désorienter.

Techniques d'amerrissage: il y a de nombreuses discussions sur la meilleure technique. Je n'en ai pas d'expérience personnelle - et préfère ne pas en avoir - mais pense qu'il est préférable d'approcher l'eau à environ 10 % au-dessus de la vitesse de décrochage, et juste avant de toucher l'eau d'effectuer un léger virage, de manière à ce que l'aile touche l'eau en premier. Ceci assure une déscéleration rapide, et l'aile sera probablement cassée, mais l'ULM amerrira à basse vitesse et ne capotera certainement pas. Les ceintures doivent rester attachées, les portes ouvertes, et il est bon de conserver un casque pour protéger la tête.
Le vol groupé devrait être organisé à l'avance: voler en petits groupes de 4 au maximum, avec un chef de groupe, qui doit en permanence avoir les 3 autres appareils en vue. En cas d'urgence,, l'un des appareils devrait tourner aussi bas que possible sur le point d'impact, un autre plus haut à une altitude raisonnable, et le 4ème doit continuer son vol. Les autres groupes doivent continuer leur vol, et ne pas s'approcher de la zone d'urgence. Essayez d'amerrir aussi près que possible d'un bateua. Et envoyez immédiatement, sans hésitation, un signal de May Day.

Nous volions à 7'000 ft, ce qui, avec un facteur de plané de 10 à 12 ne permet pas d'atteindre le rivage, mais offre une bonne chance d'arriver à proximité. Insérez dans le GPS les coordonnées des deux point côtiers les plus proches, ce qui vous permet - en tenant compte du vent - de décider s'il est préférable de faire demi-tour ou de continuer. Même en août, la température de la mer du nord est très basse, de l'ordre de 10 à 15° C, la survie étant probablement de l'ordre d'une demi-heure. Si vous portez une combinaison isolante de plongeur (néoprène), ceci prolonge la survie à 4 - 5 heures. Et ce n'est pas ridicule, enfilez-la avant le décollage, même si c'est le mois d'août.

En fait, entre Maribo (Danemark) et Barth (Allemagne), nous avons volé à 7'000 ft au-dessus des nuages, avec l'information d'Allemagne que le tenmps était beau, en étant ainsi sûrs que l'autre côté de la mer était sans nuage et permettait un aterrissage par beau temps sans problème.

Nous avons fait un vol nord-sud à travers l'Allemagne (ex-DDR), et je peux confirmer que l'unification n'est pas encore terminée après 7 années. Je ne pense pas que les 10 années qui viennent suffiront, cette partie du pays étant aussi pauvre qu'elle l'était durant l'occupation russe. Durant notre survol de 450 km, nous avons remarqué tous les 10 ou 15 km de très grands aérodromes militaires abandonnés (pistes asphaltées de 3'500 à 4'000 m). Un ex aéroport Russe - Rechlin - où nous nous sommes posés, est géré par une personne privée, avec son infrastructure militaire complète. Les autres, vus en vol, étaient complètement abandonnés, et nous avons vu des montagnes d'objets laissés sur place, tels quels, sur les routes de service.

Nous avons compris la signification du terme "piste autoroutière" avec le signe aéroport porté sur les cartes tactiques US que nous avions utilisées pour la préparation des vols: les Russes ont transformé des sections droites de 3 - 4 km en pistes aéronautiques, construit les lumières et les installations nécessaires à un aérodrome militaire. De cette manière, en cas de conflit, ces pistes autoroutières se seraient transformées en aérodromes.
Je peux confirmer que la DDR était un pays occuppé durant 40 ans. Ce survol fut une expérience très triste mais très intéressante. Cette partie de l'Allemagne unie est encore très pauvre, et je pense qu'elle le restera durant les 5 à 10 années à venir.

Concernant le vol dans les autres pays de l'ex-Est: ces pays - Tchéquie, Hongrie, Slovénie - sont aujourd'hui des pays où il fait bon voler en ULM. Il n'y a pas de différence entre l'aviation civile et les ULM. Vous pouvez atterrir sur tout aéroport, mais devez suivre les règles de l'aviation générale: plans de vol, radio, taxes d'atterrissage. Mais vous avez les mêmes avantages: voiture Follow Me, duty free, transports à terre, carburant détaxé, et population vraiment extrèmement sympathique. Je recommande à tout le monde d'aller voler en ULM dans ces pays.

Conclusions:
Sur 19 ULM participants, un seul n'a pas pu finir le programme.
Les appareils ayant des moteurs 2 temps ont totalisé 56 heures de vol, et consommé 850 litres de carburant.
Ceux avec des moteurs 4 temps ont volé 45 heures, et consommé 560 litres de carburant.
L'appareil le plus rapide, un Kitfox avec un Rotax 914 Turbo, a volé 36 heures.
Le coût total par personne, tout compris avec carburant, taxes d'aterrissage, repas aux restaurants, hotels, bières, glaces, etc. a été de DEM 4'000 pour 10 jours.

Conclusions de la rédaction:
Les appareils utilisés par nos amis italiens étaient bien entendu tous fort bien équippé, avec une instrumentation supérieure à celle que nous voyons en général dans nos bases. De notre point de vue, ce raid a été un succès à plusieurs niveaux.
Premièrement, il démontre que le vol transfrontalier est possible, et même facile, y compris avec un autogyre.
Deuxièmement, l'accueil des pilotes ULM a été partout excellent, et a soulevé un intérêt certain.
Troisièmement - ce qui n'était pas prévu - il a permis de démontrer les qualités aéronautiques d'un nouvel appareil, et de le présenter. Merci à nos amis tchèques de cet effort qui, nous l'espérons, portera ses fruits.
Enfin, en tant que sponsor, il a permis à ULM Europe de se faire un peu mieux connaitre dans des pays trop lointains pour nos modestes moyens.

C'est à vous, lecteurs, d'assurer la continuité, en allant à votre tour visiter des pays moins connus et dignes d'intérêt. Bon vol ! Vous savez maintenant que vous y serez bien acceuilli.
PS: nous vous tiendrons bien sur au courant du prochain raid international 1998.

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