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23.03.98

VOLER EN GEORGIE

Par Irakli Scamkochaishvili et Mary Ellen Chatwin

Vol au-dessus de la Mer Noire. En Géorgie comme ailleurs, l'ULM présente un espoir pour les pays tentant de faire re-démarrer leur économie.

Nous recevons parfois de nos lecteurs des informations intéressantes, ainsi que des demandes de coopération. Cette fois, Mary Ellen Chatwin, une anthropoligiste socioculturelle Suisse installée à Tbilisi (Géorgie), nous sert d'intermédiaire avec Irakli, qui souhaite promouvoir l'utilisation de l'ULM dans son pays pour améliorer la surveillance écologique.


Irakli et son ULM "maison"
Irakli Scamkochaishvili, 42 ans, est un inspecteur naval du Bureau d'Inspection de la Convention de la Mer Noire, dépendant du Ministère Georgien de l'Environnement. C'est un travail important, dans la mesure où l'écologie a encore du mal à être respectée dans sa région, et il participe ainsi directement à l'effort mondial pour sauver la Mer Noire.

Si les moyens qui lui sont alloués n'ont que peu de relation avec ceux engagés dans les pays d'Europe de l'Ouest, il a la volonté de développer à la fois ce sport et l'utilisation de l'ULM pour assurer la surveillance nécessaire.

A titre de comparaison, marié avec un enfant en âge scolaire, son salaire est de l'order de 20 USD par mois... rendant difficile l'acquisition d'ULM modernes auxquels nous sommes ici habitués.




La Géorgie est un État d'environ 5.5 millions d'habitants, grand comme une fois et demi la Suisse, avec des régions alpines (montagnes du Caucase), des régions de plateaux et collines, des régions sous-tropicales humides, une zone côtière bordant la Mer Noire, des zones tempérées - Tbilisi, par exemple, est une région agricole et viticole -, ainsi que des régions semi désertiques en bordure de l'Azerbaijan.

De ce fait, Irakli a du construire lui-même son premier ULM, malheureusement perdu dans la Mer Noire. Sans se décourager, il a maintenant entrepris la construction d'un multiaxes, et utilise entretemps les appareils des amis. Son appareil, récupéré en Russie et qu'il doit réparer, lui coûtera environ USD 3'200 pour pouvoir voler en sécurité - une petite fortune au niveau local.

Trouver les moyens nécessaires fait appel aux amis, et pour les matériaux aux bonnes volontés de 2 fabriques d'avions... et à une bonne dose de "système D". Il nous écrit:

L'ULM est arrivé en Géorgie en 1976, depuis la Russie. Le premier ULM Georgien a été construit en 1977. Une section ULM a été formée au sein du Club Aérien de Géorgie, qui a progressé jusqu'en 1987, lorsque le déclin de l'économie soviétique et les difficiles années pos-perestroika ont stoppé tout développement des sports aériens en Géorgie.

En 1993, la Fédération Aéronautique fut crée par M. Gia Gegenava, puis devint en 1994 membre de la Fédération Aéronautique Internationale. Cette dernière a envoyé de nombreuses invitation à participer auc championnats et autres compétitions à la Géorgie - y compris à Irakli -, mais la situation économique catastrophique n'a jamais permis d'assister à aucun congrès, réunion, ou compétition internationale.
Les montagnes à 3'000 m



Village des hauts plateaux
Ce sport reste populaire, mais traverse actuellement une phase difficile. Ceux qui volent ne sont pas toujours informés de la législation, et prennent des riques inutiles. J'espère que ce sport se développera en Géorgie, permettant d'inclure les utilisations les utilisations nécessaires au développement de ce pays. Mes espoirs sont basés sur le fait que cela reste un moyen abordable de voler, ayant un bon potentiel technique pour de nombreuses applications, et qu'il es possible de les construire ou les assembler sur place.


Avec les caractéristiques de l'appareil que je construit, plusieurs utilisations peuvent être envisagées:

Agriculture: Épandage et combat précis de haute qualité contre les nuisibles. Avec des réservoirs spécifiques, l'épandage peut être effectué, spécialement avec l'hélice propulsive créant un effet aérosol permettant de traiter tant le dessus que le dessous des feuilles. Les ULM volant bas, il est possible définir exactement les surfaces à traiter. Le combat contre les moustiques et autres insectes peut également être effectué.

Cartographie: La photo ci-dessus montre le type de photographie aérienne pouvant être réalisée pour les corrections cartographiques, extrèmement importantes dans les pays de l'ex-Est, où trouver des cartes exactes est pratiquement impossible.

Surveillance de l'environnement: Contrôle des coupes de bois illégales en forêt, des zones côtières pour les pollutions indétectables par bateau, et des lacs de montagne.

Analyses athmosphériques: Pollution atmosphérique, en utilisant un GPS et un sytème simple de récupération qui est ensuite analysé en laboratoire.

Mary Ellen Chatwin ajoute:

Tu peux voir sur les photos que les ULM utilisés sont très loin des jouets de luxe utilisés à l'Ouest. Nous aimerions voir ici le développement de l'ULM dans son utilisation constructive (bien que, bien entendu, la passion du vol reste la plus grande motivation de l'ulmiste), comme le contexte économique de la Géorgie et des autres pays ex-Soviétiques ont un urgent besoin d'aide. Des techniques innovatives pour permettre leur développement, comme l'utilisation de l'ULM, peuvent permettre de résoudre simplement certains des problèmes auxquels ces pays ont à faire face.

Si vous souhaitez aider Irakli et Mary Ellen en Géorgie, veuillez contacter ULM Europe. Si vous possédez du matériel que vous n'utilisez pas, ou sans valeur pour vous, des contacts ou des informations utiles, nous assurerons la coordination.


Irakli en visite sur les hauts plateaux


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